16 juin 2005
ounage
[Ar] Un gentil internaute demande, par le truchement du Sacro Saint Google, la définition du Ounage.
C'est en effet une question crutiale, à laquelle il convient d'apporter une réponse précise et succinte.
Ne voulant pas imposer une définition, je propose de lancer la concertation pour définir ce terme.
La langue française attend vos proposition.
08 juin 2005
Brunner
[Ar] J'ai trouvé une magnifique phrase pleine de bon sens:
Plus les choses vont bien,
plus on tombe de haut quand elles se mettent à tourner mal.
14 mai 2005
Soyons diplomates
[Ar] La diplomatie et l'oncle Sam...
Extrait de Courrier International
13 mai 2005
le problème de la philosophie
[Ar] En vous basant principalement sur les oeuvres au programme, vous commenterez cette citation du penseur Bruno Léandri:
12 mai 2005
l'artiste et son oeuvre
[Ar] "J'ai longtemps confondu l'artiste et son oeuvre. C'est une erreur: on peut être un grand artiste et un sale con...On peut faire des choses très belles en étant soi-même assez moche. On peut saisir toute la beauté du monde sur du papier mais n'en jamais faire partie. C'est étrange: comment peut-on être à ce point dépassé par ce qu'on fait? Mais si l'oeuvre est meilleure que l'artiste, pourquoi ne l'améliore-t-elle pas? La main frôle le divin quand les pieds pataugent dans la médiocrité... Que l'on préfère l'un ou l'autre, le messager et le message ne se fondent peut-être jamais..."
11 mai 2005
la philo sympa
[Ar] Sujet de françaisphilosophie de E3A: (attention ça décoiffe)
"Le soucis d'humaniser l'animal - ou du moins notre rapport avec lui - peut dissimuler ou favoriser une complaisance pour la rétrogradation de l'humain au statut d'animal. Fonctionnant de haut en bas, le rapprochement se fait aussi de bas en haut."
10 mai 2005
une phase, des mots
04 mai 2005
citation du jour
[Ar] De Dany Frizot, prof d'anglais à ses heures.
01 mai 2005
philo appliquée
[Ar] Superbe perle, entendue ce midi lors d'un repas familial:
"Il ne faut pas toujours chercher des explications compliquées aux choses simples. La masturbation intellectuelle c'est généralement moins bon que l'autre."
Bon, ne me demandez pas de qui c'est, je ne vous le dirais pas (ou alors, faudra me le demander très, très gentiment ;-)
29 avril 2005
Pourquoi NOUS voterons OUI à la constitution européenne
[Ar] Je sais que nous ne sommes pas sensé faire de politique sur ce blog, mais l'argumentation est d'une telle qualité que je ne peux pas m'empècher de la divulguer.
C'est un peu long, mais je vous encourage à prendre quelques minutes pour le lire.
Il s'agit d'un article de Laurent Joffrin, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur.
Pourquoi NOUS voterons OUI à la Constitution Européenne !
LES RAISONS de
voter non au Traité constitutionnel européen ? Elles ne manquent pas et
elles n'ont rien de farfelu. Il faut la foi du charbonnier – ou le
sectarisme – des eurolâtres
pour refuser de le voir. Si campagne du oui se résume à dénoncer comme
un automate le "populisme" des partisans du non, à fustiger leur
irrationalité ou leur irresponsabilité, à les traiter comme des enfants
attardés, elle est perdue d'avance. Il faut, bien au contraire,
examiner, sérieusement et calmement, les arguments du non.
Il
s'agit pour certains de censurer le gouvernement Raffarin et par
contrecoup la politique de Jacques Chirac. Qui ne le comprendrait ? En
trois ans d'une action incertaine, cette équipe n'a remédié à aucun des
maux qui affligent la société française. Sans souffle ni style, elle
n'a fixé aucun cap et, en dehors du dossier des retraites, n'a réussi
aucune réforme importante. La tentation est forte de lui signifier son
congé.
Les partisans du oui objecteront qu'après le rejet du traité, Chirac
sera toujours là et que si on veut se débarrasser de la droite,
l'échéance véritable se situe en 2007.
Remarque juste et insuffisante: il est probable qu'au-delà de Raffarin,
c'est le cours général des choses qui rebute l'électeur, notamment à
gauche : la politique menée depuis des lustres par la classe dirigeante
française. Aujourd'hui le référendum porte moins sur l'Europe que sur
le bilan historique des élites françaises. On conçoit qu'il soit
difficile à défendre. Les dirigeants successifs ont présenté l'Europe
comme un bouclier protecteur contre les dangers d'une mondialisation
sauvage. Depuis plus de dix ans, beaucoup de Français ont le sentiment
que cette Europe a surtout servi de levier à la libéralisation de
l'économie française et de justification à l'annulation des protections
traditionnelles du salariat.
Mais à ceux-là il faut répondre une chose simple : la mondialisation
ferait sentir ses effets avec ou sans Maastricht, avec ou sans la
constitution. C'est un processus global qui touche tous les pays et les
oblige tous à des efforts considérables (on lira sur ce point le
compte-rendu du colloque que l'Obs a consacré précisément à cette
question).
Les pays proches qui ne sont pas dans l'Europe de Maastricht
– la Grande-Bretagne, la Norvège par exemple – ont eux aussi, chacun
dans leur genre, tiré les conséquences des transformations mondiales du
capitalisme et subi ses inconvénients. Sans constitution européenne, la
France sera confronté aux mêmes épreuves, aux mêmes défis, aux mêmes
menaces nées des délocalisations, du libre-échange planétaire ou de la
concurrence asiatique. La faute des élites françaises, ce n'est pas
tant de s'être abrité derrière l'Europe pour justifier contraintes et
sacrifices (erreur déjà condamnable). C'est surtout d'avoir échoué à
produire une stratégie française dans la mondialisation qui réduise le
chômage de masse et répartisse plus justement avantages et sacrifices.
La constitution, avouons-le, n'y est pas pour grand-chose.
A
moins, bien sûr, de tout envoyer promener, de récuser dans un grand
refus historique l'ensemble des politiques d'ouverture pour choisir la
protection aux frontières nationales et une politique fondée sur
l'intervention massive de l'Etat. Revenir en quelque sorte à la
politique récusée en 1983 au moment du tournant « réaliste » de la
gauche.
Dans ce cas, il ne faut pas s'arrêter à la constitution. Il faut aussi
se débarrasser de la banque centrale, de l'euro, des règles
libre-échangistes de Bruxelles. Il faut revenir à une Europe minimale
où chaque nation garde les attributs de sa souveraineté économique,
bref choisir la politique de Chevènement ou celle de l'association ATTAC
: décréter que l'Europe sera républicaine et socialiste ou bien qu'elle
ne sera pas. La position a le mérite de la cohérence. L'ennui, c'est
que la grande majorité des Français voient bien qu'elle conduit à
l'isolement, si ce n'est à la clôture régressive de l'espace national.
Mais c'est un choix possible. Dans ce cas, on refusera la constitution
et on attendra que Jean-Pierre Chevènement et Bernard Cassen gagnent
une élection nationale…
Non ! disent beaucoup d'adversaires du
projet. Notre refus n'est pas souverainiste, même de gauche. Il est
européen ! Il faut une constitution, mais pas celle-là. Il faut un
texte plus unitaire – plus fédéraliste – et plus social. Alors
seulement le processus pourra continuer dans une Europe conforme à nos
vœux.
Examinons alors le calendrier : à supposer que nos partenaires
acceptent de reprendre la discussion, il faudra attendre les autres
scrutins sur le texte actuel (un an), puis réunir une nouvelle
convention (deux ans au moins), puis voter de nouveau (deux ans) puis
promulguer (trois ou quatre ans). Une décennie environ, pendant
laquelle le traité de Nice
s'appliquera. Ceci dans l'hypothèse favorable. Nos partenaires peuvent
aussi refuser de discuter à nouveau, auquel cas tout s'arrête. L'idée
de constitution rejoindra, comme la Communauté européenne de Défense,
le cimetière des utopies européennes.
Si le texte était
exécrable, inacceptable, on pourrait choisir cette voie longue et
risquée. L'est-il ? Même ses critiques les plus prévenus reconnaissent
qu'il présente des avancées, insuffisantes mais réelles. Tous les
partis sociaux-démocrates d'Europe et la plupart des syndicats ouvriers
l'approuvent. Le feraient-ils s'il était vraiment réactionnaire et
anti-social ? Le Traité consacre solennellement un projet inouï :
l'unification pacifique d'un continent sur des principes de liberté et
d'équilibre social.
Il offre des garanties nombreuses en matière de liberté et reconduit
les bases d'un Etat-providence réformé mais réel. Il organise un peu
mieux un pouvoir politique nécessairement complexe dans une Europe à
25. Il est libre-échangiste ? Comme le Traité de Rome !
Il offre surtout un cadre dans lequel le combat est possible.
Aujourd'hui déjà, la France obtient, dès qu'elle est soutenue ou
convaincante, des concessions importantes : l'assouplissement des
normes budgétaires de Maastricht, la réécriture de la directive
Bolkestein, la préservation totale dans le texte constitutionnel des
règles françaises de l'exception culturelle. Demain s'engageront des
luttes similaires pour l'application ou l'interprétation de tel ou tel
aspect du traité. Tout dépendra du rapport de forces intellectuel et
politique. Faut-il lutter à l'intérieur ou à l'extérieur ? La sagesse,
la raison, nous conduisent à penser qu'on peut défendre ses idées avec
la plus grande énergie sans renoncer à l'œuvre commune, qu'il existe en
Europe des forces progressistes sur lesquelles s'appuyer pour amender
le capitalisme et donc assouplir le texte. Armé
de cette volonté, on doit rester fidèle au rêve ancien d'un Jaurès et
d'un Hugo, de voir naître une Europe imparfaite, critiquable,
perfectible comme toute institution démocratique, mais une Europe qui
existe et qui compte.
NOUVELOBS.COM | 31.03.05 | 12:04
par Laurent Joffrin,
directeur de la rédaction
du Nouvel Observateur
La Constitution européenne : http://www.constitution-europeenne.fr/?id=8
Le texte intégral en un seul fichier de la Constitution européenne: http://europa.eu.int/constitution/download/print_fr.pdf
